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Portrait de Max Eyrolle
15 févr. 2016

ENTRETIEN AVEC MAX EYROLLE


Dans le cadre des représentations de Que veux-tu que je te dise que tu ne saches déjà et de L'éternité (Détails)
Au théâtre Expression7 le 17 décembre 2015 et le 18 et 19 décembre à 20h30

Une interview réalisée par : Sabine Penaud
Musique et technique : Bastien Desvilles

Max Eyrolle, artiste aux multiples facettes (auteur, metteur en scène, peintre et directeur du théâtre Expression 7) vous invite à découvrir son dernier spectacle, tiré de ses deux livres de poésie. Préambule avec une exposition des dernières peintures de Max Eyrolle. Puis lecture-spectacle de Que veux-tu que je te dise que tu ne saches déjà ? recueil de poésies, fait de petites réflexions semées au cours du temps, et de L’éternité (détails), de courtes histoires d‘amour.

Le résultat est une œuvre extrêmement nue, minimaliste où Gérard Pailler, fil conducteur de la pièce, boxe les mots, balancés comme des coups de poing par Andrée Eyrolle, Julie Lalande, Sandro Pécout et Johanne Hallez, fidèles compagnons de route de Max Eyrolle, pour évoquer les rêves, les pensées de cet homme qui se trouve au milieu de la scène, centré et pourtant décentré, muet, humilié, représentant l’humain confronté à la matière. Des pensées qui tournent comme si l’homme tricotait des idées pour rien...
Une pièce poétique, subtile et terrible, faite de sensations, de petits bouts de vie, de bouts de temps, oscillant entre la caresse et la gifle et qui, malgré le silence de la construction, réussit à raconter une histoire très singulière et mais universelle, dans laquelle chacun se retrouve.

Un moment de partage, parfois chanté, parfois silencieux, dans lequel les amoureux des mots et de la poésie trouveront leur quota d’émotions.

Max Eyrolle, est auteur, metteur en scène et peintre. Il dirige depuis 1984 sa compagnie et le Théâtre Expression7. Il met en scène des textes de Beckett, Dario Fo, Molière, Tchekhov, Genet, Muller, Duras, Noëlle Renaude... ainsi que ses propres textes (dont Les Éphémères en 1987, Les 7 vies de Julie Lalande en 1998, La Mélancolie des fous de Bassan en 2002, Lucette Boyer pure Aubrac en 2007, Le jeu de l’oie de Monsieur Pailler en 2009 et Louis et Louisa en 2010).
Amoureux des espaces nus, son travail évolue vers un minimalisme essentiel. Tout s’articule autour de la recherche des émotions pures.

LES ACTEURS :

Julie Lalande : Diplômée en théâtre-interprétation à Sainte-Hyacinthe au Québec, Julie Lalande a suivi de nombreux stages sous la direction de Jean-Pierre Bergeron et Pol Pelletier au Quebec. Assistante de Patrick Saucier à la mise en scène à plusieurs reprises, elle a interprété de nombreuses pièces d’Ionesco, Molière, Gogol, Feydeau, Pinter... Elle a travaillé de 1990 à 1998 sous la direction de Mario Borges (Le Journal d’un fou, La Leçon, La Déposition, Le Médecin malgré lui), d’Alexandre Hausvater (Jeux de massacre), de Jacques Rossi (L’Amant), de Max Eyrolle (Les Enquêtes du commissaire Maillard, Les 7 vies de Julie Lalande, Julie chante, Les Nouvelles de Tchékhov ...) Elle a joué avec les compagnies du Boléro (Montréal), des Moutons noirs (Québec), Asphodèle (Limoges), dans le cadre du Festival des Francophonies en Limousin en 1996 dans Leçons de flanâge (spectacle franco-québecois) au Festival off d’Avignon en 2003 dans Les 7 vies de Julie Lalande.

Sandro Pécout : Né à Limoges, un samedi de 1969. En 1985, alors qu’il pense devenir jockey, il se consacre entièrement à l’écriture de poésies. Alors qu’il voyage en 1987, il découvre son envie de théâtraliser ses textes et donne spontanément ses premières représentations. Il concrétise et devient aide régisseur en 1991. Simultanément il crée ses propres spectacles tout en alternant avec des rôles divers, en collaboration avec plusieurs compagnies du Limousin. Depuis 1997 il publie des livres aux éditions « Le bruit des autres » (Limoges) : L’alphabet lunatique (théâtre, 2002), Oignons et jours sereins (poésie, 1998), Untel et Celui-là / Au milieu de la mer (théâtre,1997) plus un quatrième opus qui est prévu pour ses 40 ans, en 2009. De 2002 à 2007 il anime des ateliers d’écriture dans plusieurs contextes (avec le Centre Régional du Livre : prisons, collèges lycées…), ainsi que des ateliers de sensibilisation au théâtre pour le conte de la compagnie O’Navio. En 2007 il peaufine son solo Le tournant de l’impasse. Depuis 2006 il travaille en tant que comédien pour le Théâtre Expression 7 – Cie Max Eyrolle.

Gérard Pailler : A partir de sa formation d’enseignant d’éducation physique spécialisé dans des personnes en situation de Handicap, particulière- ment sensoriel, Gérard Pailler a développé un travail en atelier sur le corps, en psychomotricité, sophrologie et expression corporelle. Il est formateur dans ces disciplines, avec pour objectif de permettre à tout un chacun de se réapproprier un mouvement ludique et expressif et de développer sa créativité. La rencontre avec des comédiens l’a amené à basculer vers la pratique théâtrale dans les années 80, aussi en animation d’ateliers que comme interprète sur le plateau. Il a notamment collaboré avec la Compagnie Daniel Gilet, avec Andrée Eyrolle à l’Unité Théâtre Enfant, à la création de spectacles son et lumière en région Limousin. Et il devient un collaborateur privilégié de la Compagnie Max Eyrolle à partir de 1985. Il anime les ateliers du Lundi et participe à de nombreuses créations de la compagnie aussi bien en tant que comédien que décorateur

 

Note d’intention 

« J’ai rêvé d’un espace noir, fortement troué d’éclats blancs. J’ai rêvé d’un boxeur au centre du plateau qui frappe sur un sac de sable... L’écriture n’est-elle pas un combat ? Chaque coup n’est-il pas un mot ?
J’ai rêvé de comédiens presque silencieux qui marchent comme des ombres vers la lumière des projecteurs. Et puis des voix incertaines, coups de canif dans le silence. J’ai rêvé d’une poésie dure et tendre, cailloux dans le courant des ruisseaux pleins d’eau et de larmes. 
» Max Eyrolle 

« Des poèmes empreints de sensibilité, de simplicité et d’interrogations. Il écrit comme il peint, dans le désordre amoureux des couleurs et des mots. Toute une moisson de mots. À en rire et à en pleurer. À garder au fond de soi pour les jours de disette.» Danièle Restoin

« C’est comme un océan de blanc, c’est tranchant comme une lame de sang, c’est drôle comme une forteresse de plumes, c’est triste comme devenir grand. » Julie Carnis


4ème de couverture de Que veux-tu que je te dise que tu ne saches déjà ?

J’avais déjà écrit de la poésie, comme on dit, cela fait des années, beaucoup d’années. Et puis, comme cela, elle est revenue dans ma vie d’un seul coup sans crier gare ! Les retrouvailles furent difficiles, un peu comme de vieux amants qui ont perdu les gestes mais ont gardé l’amour. C’est ma peau qui s’est souvenue de l’étreinte des mots, du sentiment des beautés perdues.
Alors les nuits furent plus courtes et la tâche difficile. On ne retrouve pas impunément ses vieilles passions.
Alors, un livre est né : petits bouts de vie raccordés les uns aux autres, bribes du temps, un peu comme ces pelotes de laine longtemps enfermées dans un carton dont les couleurs passées font rêver pour s’habiller demain. Max Eyrolle

Préface de L’éternité (détails) par Julie Carnis

Quelques pages, c’est tout. Et il n’en faudrait pas davantage sans quoi le lecteur risquerait d’y perdre plus que le souffle.
Quelques pages noircies de mots blancs, qui se tournent comme claquent les portes, au visage. C’est un murmure, un soupir qui hante l’auteur entre les lignes.
C’est aussi beau que c’est dur. C’est comme un drap grand comme un continent. On voudrait sortir sa tête, mais on a beau tirer, le drap ne finit pas. C’est comme ça, chaque rive se dérobe vous entraînant dans les tiroirs d’une âme qui vous est aussi chère qu’elle vous est inconnue.
C’est doux comme un océan de blanc, c’est tranchant comme une larme de sang, c’est drôle comme une forteresse de plumes, c’est triste comme devenir grand.
Non, cette histoire n’est pas d’amour ; Elle ne fut qu’un compte à rebours.

Extraits de la préface par Danièle Restoin de Que veux-tu que je te dise que tu ne saches déjà ?

Écrire comme on peint. Dans le désordre amoureux des couleurs et des mots.
Des mots–aquarelle dans lesquels on glisse avec ravissement et qui accrochent un coin de ciel, un battement d’ailes, une esquisses de souvenirs.

Des mots–eau fraîche qu’on boit jusqu’à plus soif et qui glissent entre nos doigts comme des larmes.
Des mots–coquillage qu’on porte à l’oreille pour écouter la valse lente d’un temps oublié.
Des mots–rouleau de printemps qui roulent avec nous, ivres de soleil dans l’herbe humide d’un matin de juin.
Des mots–épouvantail qui grincent des dents et jouent avec nos angoisses, rires mort-nés d’un monde absurde.
Des mots–Petit Poucet à semer le long du sentier où le visage d’une mère s’est perdu dans un rêve d’enfance.
Toute une moisson de mots. À en rire et à en pleurer. À garder au profond de soi pour les jours de disette.

Les portes ouvriront une heure avant le début du spectacle, vous pourrez y rencontrer l’auteur, découvrir ses nouveaux tableaux et ses livres (Éditions Le bruit des autres)… autour d’un verre.

 

Posté par: Sabine Penaud
Catégorie : Interview Focus Limousin





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