Radio critique

L'énergie d'Angélica Liddell donne le "LA"
19 sept. 2013

Entretien avec Laetitia Le Mesle, comédienne permanente à Montluçon, 
et spectatrice de Todo el cielo sobre la tierra d'Angelica Liddell. 
Avignon 2013, deux jours après la représentation. 

 

Bonjour Laetitia, est-ce que tu peux m'expliquer pourquoi tu as choisi d'aller voir de spectacle ? 

    Une amie a vu La maison de la force à l'Odéon cette année (2013), et elle était renversée. Elle avait l'air d'avoir vécu quelque chose d'essentiel. Elle m'a dit : « il faut que tu ailles voir ça ». Je n'ai pas pu aller à l'Odéon. Mais en arrivant à Avignon, quand il a fallu choisir les spectacles, je me suis dit : « Angélica Liddell».

   Et j'ai voulu aussi voir ce spectacle parce que c'est une performeuse. Avant de faire du théâtre, j'ai fait des études d'histoire de l'art. La performance a toujours été une chose qui m'attirait. Car cela fait le lien entre l'art scénique et l'art plastique. Angelica Liddell m'offre possibilité de voir le lien entre ces deux univers qui sont pour moi essentiels.

 

Et qu'as-tu ressenti pendant ?

   Pendant le spectacle... ça a été un fourmillement ! Un fourmillement d'aller-retours, d'entrées et de sorties. Et puis à un moment donné, le « puzzle » s'est reconstitué. Notamment à partir de la dernière partie dans laquelle elle prend la parole, seule. Tout d'un coup j'ai senti le spectacle comme une traversée intense dans laquelle tout se reconstituait autour de cette dernière partie. Tout venait s'emboîter. J'ai eu le sentiment d'assister à quelque chose de très puissant. Au début je me disais : "mais pourquoi faire cela ?" Et puis, au fur et à mesure, j'ai commencé à être impressionnée par l'intensité de chacune des choses qu'elle faisait. Des choses banales, dont on se serait dit : « oui, d'accord, on peut le faire, je peux le faire ». Mais en fait, non. Elle, elle le fait personnellement et très... je n'ai pas encore trouvé le mot.

  

Et deux jours après, que te reste-t-il de ce spectacle ? 

   La nuit. Il m'en reste le sommeil de l'après-représentation. Pendant cette nuit, j'ai rêve l'énergie d'Angélica Liddell. Comment dire ? Mon rêve, ce n'était pas ses mots, mais son énergie. J'ai rêvé avec l'énergie d'Angélica Liddell, c'était étonnant, Et cette énergie ne m'a pas quittée. C'est fort ce qu'elle propose. Il faut savoir qu'en deux heures elle évoque une infinité de pistes de pensée. J'ai donc continué le long des heures et des jours suivants à penser aux choses qu'elle m'avait offertes pour réfléchir.

   Ensuite, j'ai retrouvé beaucoup d'échos. Je crois qu'elle m'a donné le « la » pour les spectacles que j'allais décider d'aller voir. J'avais besoin de voir des choses puissantes et essentielles et aussi bien dans les expositions des Papesses ou dans les autres spectacles que j'ai pu voir, j'ai recherché cette puissance-là. Et je l'ai retrouvée chez la Papesse Berlind, l'une des artistes de l'exposition sur les Papesses d'Avignon. Aussi dans le spectacle de Christian Rizzo, mais contenue cette fois, davantage dans la joie, la fraternité.

 

Retrouvez Angélica Liddell dans l'interview de Malte Schwind : "Spectateur ou critique, quelle diffèrence ?"
Lisez L'Entretien avec Angélica Liddell (source : site du Festival d'Avignon, pdf)

Todo el cielo sobre la tierra (El sindrome de Wendi),
durée 2h40 - spectacle en espagnol, mandarin, norvégien et surtitré en français.

Joué du 6 au 11 juillet 2013,
Cour du lycée saint-Joseph,
dans le cadre du 67e Festival d'Avignon.

Texte, mise en scène, scénographie et costumes : Angélica Liddell
Lumière : Carlos Marquerie 
Son : Antonio Navarro 
Réalisation des uniformes : Lana Svetlana 
Maquillage et coiffure : Yvette Faustino soutien 
Accessoires : Transcoliseum
Traduction et surtitrage : Christilla Vasserot
Régie générale :  África Rodríguez
Régie son : Antonio Navarro
Régie lumière : Félix Garma, Octavio Gómez 
Direction technique :Marc Bartoló
Production exécutive : Gumersindo Puche 
Production et logistique : Mamen Adeva
Avec : Fabián Augusto Gómez Bohórquez, Lola Jiménez, Angélica Liddell, Sindo Puche et la chienne Kyra

Posté par: Radio Théâtre
Catégorie : Interview Focus Avignon





comments powered by Disqus