Radio critique

Entretien Fabrice Caravaca / Benjamin Vareille 2
04 nov. 2016

LES ÉDITIONS DERNIER TÉLÉGRAMME : « POST OFFICE FRANÇAIS »

Entretien Fabrice Caravaca / Benjamin Vareille

Les éditions Dernier Télégramme ont dix ans cette année. Fabrice Caravaca, qui les anime depuis leurs débuts, est le centre de cet entretien, où il s'agit d'ausculter autant le poète que l'éditeur. L'occasion de revenir sur la genèse de ce projet dont le programme est de se soucier par le livre de son objet, comme de son texte : le dialogue, c'est de s'effacer et de faire passer. Mais pas que. La maison défend des voix, des langages, qui s'emploient aujourd'hui au niveau national, avec les armes les plus modestes de ce côté-ci de l'arène, à nourrir une même émulsion.
L'entretien qui suit est extrait d'une série de trois rencontres d'une heure, réalisées entre avril et mai 2015, et orientées autour d'un lexique propre à celui de la maison d'édition.
En raison de la densité et la longueur de ce "dossier", Radio Théâtre le publiera en six parties, tout au long de l'été.

Vous vous apprêtez à lire la deuxième partie de ce dossier, qui constitue avec la partie un : Le Dialogue.
N’hésitez pas à revenir en arrière pour lire le premier épisode de l'entretien.

 

 Le Dialogue : Episode 2


PAYSAGE, STRUCTURES ET COLLECTIONS

Benjamin Vareille :
- On vient d'évoquer une série d'expériences qui de 2005 à 2007 t'amènent aux premiers textes, aux lectures, à l'édition pour l'association Dernier Télégramme. Qui se transforme donc en maison d'édition très officiellement, depuis.

Fabrice Caravaca :
- Oui c'est ça. Maintenant je mets « Éditions », et non pas « Association ». C'est Éditions Dernier Télégramme parce que c'est l'activité principale, et avec ce qui en découle : à savoir la création d'évènements, les lectures, rencontres, ateliers pour les auteurs, etc.

- Justement, la structure du Dernier Télégramme évolue, elle change avec le temps, s'enrichit...

- Alors le bureau de l'association a changé, par exemple. Le bureau s'est posé depuis 2008 à l'adresse d'une amie qui a sa maison, et elle ne bouge pas. Moi j'ai déménagé presque tous les six mois ou tous les ans depuis 2005, donc c'était compliqué à chaque fois de changer. Là c'est bien d'avoir l'adresse de fixée... Ou alors il fallait faire poste restante, ce qui aurait été intéressant aussi... Je m'installe donc à Limoges en octobre 2005, pour diverses raisons, dont amoureuses. Et une des raisons est aussi que dans ce territoire-là il y a un accueil favorable à mon projet, en tout cas à cette première édition et ce qui suit...

- Tu as des aides ? Du CNL, du Centre Régional du Livre en Limousin, etc.

- Au début c'est la Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports qui, comme j'avais moins de trente ans, avait des dispositifs avec encore un peu d'argent qui m'ont permis – et il me semble que leur budget est devenu tellement ridicule que c'est compliqué aujourd'hui – d'obtenir pour la publication du livre de Sylvain Courtoux, Action Writing : Manuel, mille euro. Avec la grande chance d'avoir la quatrième de couverture écrite par Christian Prigent, ce qui permet aussi quant on appelle des libraires de servir de caution. Car c'est très difficile quand l'on commence d'appeler les libraires et de leur dire : « c'est une nouvelle maison d'éditions, j'ai ça à vous présenter... » Sylvain n'était pas spécialement connu, et moi encore moins. Mais la deuxième année, c'est-à-dire après 2006, j'ai une aide beaucoup plus conséquente sur l'ensemble du projet, et avec les premières aides de la Région Limousin aussi. Donc les choses s'organisent. J'ai un tout petit peu d'argent qui me permet de mettre en place des projets, et donc de pouvoir imaginer qu'il va y avoir ce qui, presque un an après, sera la publication de cinq ou six ouvrages dans l'année avec un travail de diffusion qui se passe autrement que ce que je pouvais faire tout seul. Là aussi, grâce à la rencontre avec Laurent Cauwet de Al Dante, qui a été de grand conseil, un soutien qui m'a accompagné au début.

- La charpente est là, les bureaux se posent. Partant de là la structure en interne se modifie. Dès lors qu'il y a plusieurs publications et que toutes se retrouvent dans un axe qui diffère, proposant une variation autour d'une même idée, c'est l'occasion pour toi de créer des sous-post-offices, des bureaux, pour suivre le mouvement. Moins des labels que de centres de tri, les facettes d'un prisme que se veut être la maison d'édition : tu as des collections...

- Oui, et les collections vont se mettre en place dès 2006 en fait, avec la collection Longs Courriers et la collection Echos. Je m'en occupe depuis le début et Manuel Daull dirige seulement la collection Traversées, ce qui est assez récent, depuis deux ans.

- Parle-nous des collections...

- La première collection c'est donc Longs Courriers. J'avais envie de faire des petits objets, pas trop chers, et c'était aussi l'occasion pour moi de mettre dans ces objets des textes autres que ceux que je pourrais mettre en hors-collection, avec l'ensemble des ouvrages. Puis c'était l'occasion de rencontrer d'autres personnes, d'autres écritures. Or j'avais pris contact quelques années auparavant avec Lucien Suel, quelqu'un dont j'apprécie les différentes démarches, le travail – c'était l'occasion pour moi de l'appeler. J'avais pensé l'objet, déjà ; l'objet a un tout petit peu changé mais je savais qu'il serait de ce format, quatorze sur vingt-deux si je ne me trompe pas. Je savais qu'il y aurait seize pages, et au début je pensais faire une sorte de pliage qui serait à l'intérieur, et avec un poster d'un côté et le texte de l'autre, bref des choses que l'on voit assez souvent... Mais en fait j'ai fait un cahier de seize pages avec agrafes, couverture à rabats...

- Inspiré par quoi ?

- Inspiré par un texte qu'avait publié Le Temps qu'il fait d'Eric Chevillard. Un petit objet comme ça, je ne sais pas si cela avait été pour offrir ou autre. Parce que Le Temps qu'il fait faisait ça, et à chaque fin d'année offrait à ses lecteurs, ses auteurs, ses soutiens un objet particulier. Ils ont d'ailleurs fait de très belles choses.

- Les livres-objets, qui se font de plus en plus aujourd'hui... C'est quelque chose qui dans la démarche poétique contemporaine compte beaucoup aussi !

- Et puis ça permet de faire circuler des petits textes, mais qui font connaître des auteurs et des travaux particuliers. J'avais même fait à l'époque une petite collection d'A3 avec un pliage spécial, qui formait un carré... Il devait y avoir Edith Azam, Jacques Sivan, Vannina Maestri, et Charles Pennequin ! C'est quelque chose que j'ai arrêté parce que ça prenait beaucoup de temps, mais c'était sympa. Mais pour la collection Long Courriers j'ai donc appelé Lucien Suel, qui me dit : « oui, pas de souci, mais indique-moi le format. » Il a fait un texte spécialement pour ça. Après quoi il y a les rencontres avec Jacques et Vannina qui se sont faites grâce à Laurent Cauwet, qui m'ont envoyé un petit truc dans le cadre de cette collection.

- Quoi d'autre comme collection ?

- Echos ! Ce sont les deux collections qui arrivent presque la même année. Echos c'est tout le travail autour du son, de l'oralité, de la voix que l'on entend pour le coup, puisqu'il y a un CD à chaque fois. Le premier de cette collection-là sera l'enregistrement de la première soirée que l'on organise le 31 mars 2006, dans la galerie d'un ami qui n'existe plus maintenant, la galerie OLGA. Nous faisons la première rencontre là-bas, ça se passe très bien, et nous faisons en sorte d'enregistrer la soirée à dessein de sortir ce disque-là. On a continué presque la même année en faisant un disque à nouveau, avec le travail de Marc Guillerot qui exerçait son talent dans le collectif de L'Oreille Electronique.

- Mouvement ?

- Je ne sais pas si on peut appeler ça un mouvement, mais c'est quelque chose de très beau. J'ai découvert ça quand j'étais encore à la fac et musicalement ils ont ouvert pleins de portes. Et puis Marc est devenu mon ami, par ce lien de travail que l'on a eu mais aussi parce que je le suis devenu avec des amis à lui, toute une connexion qui s'est faite, et qui compte ici à Limoges un petit réseau d'amitié qui s'est créé autour de personnes qui sont dans la création, autant que celles qui viennent soutenir des démarches.

- Des démarches différentes qui chez toi sont toutes déclinées dans différentes collections, comme autant de déclinaisons de dialogues, de gens qui t'entourent. Une autre collection, Traversées...

- La collection des Traversées est la toute dernière. En fait c'est un peu une suggestion de Manuel, à laquelle je dis oui avant de lui demander de me proposer des choses. Il serait bon que l'on sorte un deuxième livre dans cette collection...

- C'était le Rolla ?

- Oui, Alexandre Rolla. C'est une collection qui va fonctionner autour des notions de paysage, de territoire, toutes ces choses-là qui sont des thématiques très chères à Manuel.

- Quelle autre collection ?

- La collection Correspondances, aux deux volumes maintenant...

- Au pluriel aussi, comme Traversées d'ailleurs, et Longs Courriers...

- Oui tout est au pluriel en général.

- Tout au pluriel, oui, car pluralité des voix...

- Oui c'est pour ça aussi, et pluralité des personnes qui sont là... Alors, je n'ai pas une grande connaissance de l'art contemporain, de ce que l'on appelle comme ça, et j'ai donc rencontré certaines personnes, et puis peut-être suis-je allé voir plus d'expos, eu quelques lectures supplémentaires, et je me suis dit que ça pourrait être pas mal de faire en sorte qu'un(e) plasticien(ne) et un écrivain se rencontrent et qu'il y ait un vrai dialogue qui se crée. Pas juste que l'un fasse le commentaire de l'autre. Mais l'idée de cette collection ne vient pas spécialement de moi en fait, c'est une rencontre aussi. C'est Hélène Leflaive qui à l'époque était à Limoges et avait reçu un soutien de la Direction de la Jeunesse et des Sports, et on s'était rencontrés. Elle m'avait montré son travail et avait bien envie de faire un truc, mais ça m'avait semblé curieux à l'époque de faire un livre avec son seul travail de plasticienne.

- Cela sortait peut-être un peu de ce qui devenait ta ligne éditoriale, par défaut ?

- Oui, c'est ça. Alors je lui dis que j'allais y réfléchir. Vu ce qu'elle avait fait, et connaissant la gentillesse et l'intérêt que Lucien Suel peut avoir pour ce genre de démarche, j'ai contacté Lucien, et puis je les ai laissés faire tous les deux. Et l'on s'est retrouvés une fois ou deux pour le travail et cela s'est très bien passé.

- Quand est-ce que ça s'est passé ?

- J'imagine en 2008. Et il y a encore la collection 8.

- Huit comme l'infini ?

- Oui, il est mis comme le chiffre, mais je pense qu'il faut le faire tomber, tu vois. L'infini, c'est une collection avec textes mais pas le nom de l'auteur, voilà. L'idée c'est effectivement que des personnalités existent, mais que le texte doit quand même primer dans tout ça.

- Encore une fois avant que le texte puisse s'effacer, c'est l'auteur qui s'efface...

- Oui l'auteur doit s'effacer d'abord, et le texte ensuite, pour que le nouveau texte rentre comme dans l'histoire de la construction d'un grand palimpseste général...

- Où le langage prévaut ?

- Oui, où la voix est donnée à l'autre, car c'est à l'autre d'écrire son histoire par dessus celle-ci et ainsi de suite...

TROPIQUES DE L'EDITION

- Longs courriers, Correspondances, Echos, Traversées... on est dans une forme de topos, de tropisme du langage, de la langue, du dialogue...

- Oui !

- Il y a bribes, connexions, ou parasitages, en fonction des collections. Les mots sont des sons articulés, des bruits parmi d'autres aussi, au même niveau que la musique donc ?

- On peut dire au même niveau, oui. Les deux s'accompagnent, font quelque chose ensemble. Si l'un n'est pas là, l'autre ne peut pas exister de cette façon. En plus, dans la collection Echos, il y a un travail de Pierre et Patrice Soletti où l'on trouve trois courts textes de Pierre et un CD de son frère, et c'est un CD où il n'y a que de la guitare. Après on en fait ce que l'on veut : soit on écoute le CD seul, soit en lisant le livre, toutes les combinaisons sont possibles.

- Est-ce que ça rentre dans le tropisme du langage que les éditions Dernier Télégramme étayent ?

- En fait, il y a beaucoup de choses qui se mettent en place sans qu'il y ait consciemment une volonté à ce niveau.

- Quand tu regardes ça a posteriori, tu te dis que cela rentre tout de même dans une logique qui était à l'œuvre, inconsciemment ?

- Je me rends compte qu'il y a une logique, évidemment, depuis quelques temps. Je vois également, et c'est étonnant, que cette logique n'est pas permanente, elle est vraiment évolutive, et avec pleins de petites exceptions : comme quand j'ai fait Galaxie Pandora, qui est une sorte de roman graphique, avec Jacques Sivan et Cédric Pigot. C'est une belle proposition qui arrive à un moment où je me dis qu'il est possible de l'accompagner...

- Il y a beaucoup de parasitage dessus ! On revient à l'idée de bribes, du palimpseste dont tu parlais, parce qu'ici les voix se superposent. En le feuilletant on retrouve l'ambiance du roman graphique, puis des images parasitées, dont certaines à la base qui sont numérisées, on y croise un tableau de James Ensor quasiment détourné, un discours très proche de celui d'Orwell...

- Pour simplifier c'est toute une réflexion sur ce que l'on appelle, au sens premier du terme, le ou les fascismes. Et les références que tu donnes y sont à un moment ou à un autre convoquées, en effet.

- Tu parlais de tes Correspondances, on pense aux baudelairiennes...

- Oui, moi pas ! Parce que j'ai très peu lu Baudelaire, et je ne peux pas en faire référence, sans la connaissance pour.

- Prises dans un sens encore en travail à ce moment, on peut pourtant entendre les correspondances baudelairiennes comme le fait que les choses, les objets, les disciplines dialoguent, se répondent entre elles. De ce point de vue-là on peut parler d'interdisciplinarité déjà, un siècle avant la postmodernité...

- Oui, moi je veux bien qu'il y ait concepts, mais je suis peu théoricien. Non pas que cela ne m'intéresse pas, mais je suis plus tourné vers une histoire de réels au pluriel qui se mettent en place. Pour moi les concepts de postmodernité ou d'interdisciplinarité relèvent d'une forme d'évidence. En plus, on pourrait faire commencer la postmodernité à différents endroits, avec un le bon discours intellectuel derrière ; tout comme il suffit, pour parler d'interdisciplinarité, d'aller voir chez Dada, et nous y sommes.

- On pourrait encore parler de synesthésie, où la musique vient répondre aux textes, à l'oralité, etc. Il peut donc y avoir des théories dans lesquelles se placent les œuvres, malgré elles, ou malgré toi. Mais ces choses-là, pour toi, arrivent de facto. Pas de théorisation derrière, d'où un travail original va procéder ?

- Non, aucune théorisation, vraiment.

- D'emblée l'on est dans un espace de moindre limite – avec un désir de re-topographier, inconscient de ta part ; pas de territoires qui s'excluent ?

- Il y a une infinité de territoires, si l'on préfère. On retournerait là, et c'est un peu de la théorie pour le coup, à quelque chose qui m'avait beaucoup touché et que je n'ai pas encore assez approfondi, c'est-à-dire certains concepts – j'allais dire complexes ! tu vois – certains concepts deleuziens. Le concept de ligne de fuite, la déterritorialisation, le devenir... des choses qui m'ont beaucoup touché.

- La déterritorialisation c'est assez bluffant, on à l'impression de revenir à la Waste Land de T.S. Eliot. Peut-être que ta façon d'aborder ton catalogue, de publier, se situe là-dedans ? Une sorte de carte, de champ de voix/voies ?

- Oui. Mais par exemple, et ça peut paraître bêta de dire ça, mais je ne sais pas ce que c'est que la poésie. J'appelle ça « éditions de poésie contemporaine », et je veux bien que l'on appelle ça poésie, mais j'aimerais bien que l'on me donne une définition de la poésie. C'est autre chose que nous sommes en train de faire, d'autres et moi. Je crois que c'est de la littérature qui vient tutoyer d'autres formes de littérature comprenant la musique, les arts...

- Mise à bas des limites, des frontières ?

- Oui, si l'on veut. Mais le problème de la poésie c'est qu'elle nous limite tellement dans le regard de l'autre, de celui qui est potentiellement lecteur, et qui pourrait découvrir ça.

- Seulement dans la mesure où le regard de l'autre est déjà compassé par la définition qu'il possède de la poésie et qui en est réductrice...

- Souvent, mettre une définition sur une chose de cette portée en réduit le champ, et son impact aussi évidemment.

- Tu parlais d'un champ ouvert, finalement rhizomatique, à la Deleuze...

- Cette idée de rhizome me plait beaucoup, plus que l'idée de racine, effectivement. Si l'on regarde dans le catalogue, beaucoup de textes sont nés dans ces environs. Chaque texte qui influence un autre texte, piochant les uns chez les autres... Je pense à Christophe Manon et à d'autres, et à des mots, des phrases parfois entières de camarades qui se sont retrouvés dans les leurs. C'est très important : comment l'on se nourrit entre nous, et du rapport au monde que l'on peut essayer d'entrevoir.

- Le Dernier Télégramme en est-il la voix, de ces messages qui se superposent, le sonar, le transcripteur ?

- Ça peut être tout ça. Dans l'idée du nom de la maison d'édition, le télégramme est tout simplement un mode communication où le message codé est envoyé à quelqu'un capable de le décoder. Mais il le décodera à sa façon, c'est ce que nous faisons. Et il est intéressant que le message que l'on envoie ne soit pas entendu avec l'exacte intention de celui qui l'envoie, qu'il y ait transformation du message à terme. On transforme déjà la matière « mot » dans le télégramme pour qu'elle soit transformée ensuite par celui qui reçoit.

- Est-ce moins le passage, le relai, que son enveloppe, sa gaine, son désir de recoudre le morcelé, de ramasser l'écho, de confondre le divisé et les voix qui s'excluaient ?

- Il faut les deux. Mais ces voix ne s'excluent pas. Si l'on reprend l'image du sonar, on parle d'échos qui à un instant donné se percutent et renvoient d'autres sons ailleurs, qui eux-mêmes vont en rencontrer d'autres, ce qui rejoint ce que l'on disait par rapport au rhizome...

- Et par rapport au dialogue aussi...

- Oui parce qu'il faut qu'il y ait dialogue, cette idée que l'on est au moins deux. Je pense que c'est cela : envoyer quelque chose à quelqu'un, qui ne peut avoir d'existence qu'à partir du moment où l'autre le comprend et le prend avec lui, d'une façon ou d'une autre. Et qu'il en prenne possession. Le destinataire en est la condition et une forme de finalité, transitaire, parce que le destinataire est amené à devenir celui qui expédiera quelque chose lui aussi, à nouveau.

 

 A suivre...

Propos recueillis par Benjamin Vareille,
Au café le Limousin, à Limoges.

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Posté par: Benjamin Vareille
Catégorie : Interview Focus Limousin Dernier Télégramme





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