Radio critique

Entretien Fabrice Caravaca / Benjamin Vareille 3
11 déc. 2016

LES ÉDITIONS DERNIER TÉLÉGRAMME : « POST OFFICE FRANÇAIS »

Entretien Fabrice Caravaca / Benjamin Vareille

Les éditions Dernier Télégramme ont dix ans cette année. Fabrice Caravaca, qui les anime depuis leurs débuts, est le centre de cet entretien, où il s'agit d'ausculter autant le poète que l'éditeur. L'occasion de revenir sur la genèse de ce projet dont le programme est de se soucier par le livre de son objet, comme de son texte : le dialogue, c'est de s'effacer et de faire passer. Mais pas que. La maison défend des voix, des langages, qui s'emploient aujourd'hui au niveau national, avec les armes les plus modestes de ce côté-ci de l'arène, à nourrir une même émulsion.
L'entretien qui suit est extrait d'une série de trois rencontres d'une heure, réalisées entre avril et mai 2015, et orientées autour d'un lexique propre à celui de la maison d'édition.
En raison de la densité et la longueur de ce "dossier", Radio Théâtre le publiera en six parties, tout au long de l'été.

Vous vous apprêtez à lire la troisième partie de ce dossier, qui constituera bientôt avec la quatrième : Les voix chorales.
N’hésitez pas à revenir en arrière pour lire la partie un et la partie deux qui constituent : Le Dialogue.

 

 Les voix chorales : Episode 3

 

PRÉTENTION LYRIQUE

Benjamin Vareille
- Le Dernier Télégramme semble poser la question où (en) est le dialogue, où (en) sont les voix ? Comme toutes les maisons d'édition ?

Fabrice Caravaca
- Alors... Le dialogue je pense que c'est quelque chose de permanent. Que ce soit dans cette maison d'édition que je défends, comme dans d'autres que je croise et que j'aime bien en poésie. Vu que ce sont essentiellement des voix d'hommes et de femmes qui sont toujours vivants, toutes ces personnes-là sont amenées à se rencontrer d'une façon ou d'une autre. Soit par la lecture des textes, soit par des rencontres dans les festivals ou les salons. Donc non seulement les auteurs se rencontrent mais les éditeurs se rencontrent aussi, et l'on voit bien comment des dialogues se constituent et que certaines voix et certains dialogues vont se mettre en place dans un endroit plus qu'un autre. Mais toujours avec la connaissance, la curiosité pour ce qu'il y a à côté. Comme s'il y avait toujours possibilité d'échange. Et d'ailleurs c'est tout à fait intéressant de constater qu'il y a des voix que l'on retrouve dans plusieurs catalogues, qui peuvent s'installer pendant un moment dans un endroit puis vont ailleurs, et reviennent...

- Comme le rhizome dont on parlait...

- Oui c'est ça, et moi j'aime bien qu'il n'y ait pas d'exclusivité.

- Emporté par le vent comme le pollen, et parsemé à tout va.

- On peut accompagner un auteur un moment, et lui peut s’en aller faire un tour ailleurs. Quand il revient c'est avec une nouvelle expérience en plus, et tout cela est très enrichissant. D'un point de vue concret, de toutes les façons, il est à peu près évident que pour les auteurs qui écrivent vraiment très régulièrement, il est impossible de publier l'ensemble de travaux ; il y a le fait qu'il se trouve des textes que l'on souhaitera plus suivre ou accompagner que d'autres.

- Donc quand se pose cette question d'où en est le dialogue, derrière il y a quelque chose qui se passe individuellement : cela revient à où en est la voix, où en est la parole. Tu dis qu'évidemment un auteur est là, écrit, puis est édité ailleurs, avant de revenir avec une nouvelle idée. D'une certaine façon, son propre discours à lui se construit aussi en fonction de ça.

- Oui, effectivement, oui.

- Est-ce que la question que la maison d'édition comme entité peut poser est là ?

- Je ne pense pas que ce soit la question principale, tout cela. Où en est le dialogue serait une question qui découlerait de questions peut-être encore plus larges...

- Oui, ce n'est pas une thématique propre.

- Non, et il est de toute façon difficile de dire qu'il y a une thématique propre à la maison d'édition – mise à part le fait que chaque auteur qui est publié a une démarche réflexive sur qu'est-ce que c'est que cette matière qu'il utilise, et comment il l'utilise.

- Sur la poésie, du coup.

- Oui. Ce pourrait être d'ailleurs une définition de la poésie, même si pour moi il n'existe pas de définition stricto sensu de la poésie. De toutes manières, dire que c'est une maison d'édition de poésie contemporaine, c'est une case. Nous faisons de la littérature. Pour moi c'est cela.

- C'est plus le questionnement de cette matière, de cette littérature-là – que l'on a tendance évidemment à rapprocher de la case poésie – ce questionnement perpétuel qui fait le programme de la maison d'édition et des auteurs qui l'accompagnent...

- La maison d'édition est surtout une construction à partir des rencontres de ces personnes, qui ont en commun ces textes...

- Il y a des thèmes récurrents ? Des thèmes qui surpiquent par-dessus ta ligne éditoriale, qui en sont le fil rouge, et que l'on pourrait isoler ?

- Oui, maintenant de plus en plus. C'est à la fois très sérieux et en même temps une sorte de blague, mais ce serait la question du lyrisme. Je pense que c'est véritablement quelque chose qui fait lien maintenant entre les différents textes et les différents auteurs. Tout cela fonctionne à partir d'une écriture qui serait une écriture du moi, mais d'un moi qui se mettrait en place simplement pour s'effacer le plus possible et laisser de la place à l'autre. L'autre qui serait potentiellement le lecteur, mais ça peut aller au-delà de ça. C'est une formule de Manuel Daull, encore une fois.

- Moi j'ai fait mienne une des formules de Maulpoix sur le lyrisme, que je trouve fantastique. Il parle des lointains intérieurs par les extrêmes détours. Le lyrisme est là, pour lui.

- C'est une très belle formule, je ne saurais pas dire beaucoup mieux...

- On entend en sous-texte le fait que le moi soit comme un centre, plus ou moins magnétique, mais que d'autres existent dans la périphérie, existent avec. Il y a aussi l'importance de la voix parlée, de l'oralité de leurs discours, dans ta ligne.

- Oui j'aime beaucoup cette idée-là. Alors c'est aussi une idée politique, le lyrisme, finalement.

- C'est politique le lyrisme ?

- Eh, dans une certaine mesure oui ! Parce que si c'est ce que l'on est en train de dire, là, ou que j'essaie de dire, dans la présence du moi mais qui tend à s'effacer le plus possible pour laisser la place à la présence de l'autre, alors nous sommes dans une dimension politique. On sort de soi. Ce serait une écriture du moi, mais sans l'ego. Ou une forme d'égotisme, je ne sais pas.

- D'accord, mais quand on parle le moi reste central, il y persiste quand même une forme d'ego. Il y a un orgueil à écrire. Qui peut-être léger, mais qui est nécessaire.

- Oui mais orgueil, le mot est peut-être un peu fort.

- Je n'ai pas dit hybris, tu vois.

- Je préfèrerais quelque chose de l'ordre de – on peut jouer sur les mots – de l'ordre d'une prétention, mais que l'on répartirait en deux mots, une pré-tension. Parce qu'il y a tension en soi, ou le sentiment d'une tension en soi, peut-être l'écriture se mettrait en route, et peut-être que c'est par l'écriture qu'il advient une possible connaissance de soi. Et cette connaissance de soi ne peut avoir lieu que si à un moment donné on l'oblitère dans une certaine mesure pour se mettre dans la possibilité de l'existence de l'autre. D'ailleurs le texte, écrit, ne peut exister qu'à partir du moment où il y a lecteur, où il y a rencontre avec quelqu'un – en tout cas dès lors qu'il y a publication. Car l'écriture peut avoir lieu sans publication. Ce que je trouve assez intéressant, et il est par ailleurs dommage, je trouve, qu'il soit si important pour la plupart des auteurs d'être publiés. Qu'il y ait l'objet livre.

- Ça rompt la tension ? Cela la diminue ?

- Dans une certaine mesure, oui. Mais le problème est que, en littérature comme en poésie comme partout, nous vivons dans ce monde-là. Et qu'est-ce qui fait sens dans ce monde-là maintenant, sinon de plus en plus un sens économique, dirons-nous ? Et donc l'on rentre souvent dans un processus identique pour les auteurs. C'est-à-dire que si l'on n'a pas une actualité éditoriale tous les deux ou trois ans, cela fait comme si l'on n'était pas en train d'écrire. Or l'écriture n'est pas forcément dans cette temporalité-là. Il faut parfois quatre ou cinq ans, voire plus, à mettre dans un projet, pour en être satisfait, puis aussi pour trouver un éditeur. Parce qu'il y a des textes qui peuvent être là depuis très longtemps et qui n'en trouvent pas. Evidemment, quand l'on est déjà dans ce milieu-là, celui de la poésie, on connaît trois personnes, on a un petit réseau, tout cela est moins grave. Mais quand l'on en a aucune connaissance et que l'on écrit de son côté, c'est assez dur je crois. Je me souviens de quand j'avais demandé un texte à Christophe Manon, après l'avoir vu lors d'un festival où l'on s'était plutôt bien entendu. Et il me dit : « je n'ai pas grand-chose sous le coude, mais je t'envoie un truc. C'est un fond de tiroir. » Donc un texte qu'il n'avait peut-être même proposé à personne, mais un texte qui existait pour autant, et qui avait été écrit, et qui pour lui j'imagine avait été non seulement du temps, de la réflexion, et avec une importance dans un cheminement personnel.

- Donc cela participait de la tension.

- Voilà, et quand il me donne le texte, une lecture suffit pour dire qu'il faut faire cette chose-là, et absolument.

- Et quand tu dis cela, c'est plus toi en tant qu'auteur, ou toi en tant qu'éditeur ?

- Là c'est en tant qu'éditeur, mais je me place aussi en tant que lecteur. En tant que lecteur j'ai un plaisir – mais plaisir ce n'est pas le mot, c'est au-delà... Il y a quelque chose qui se se passe avec ce texte-là, et qui justement alors crée en moi une certaine connivence mais aussi une forme de tension, qui amène à la réflexion.

- Pré-tension, je crois que l'image est assez forte.

- Avant la tension ! et comment la tension se met en place. Et comment rester dans cet état de ce qui va créer la tension, ou en tout cas quand l'on est dans la tension de pouvoir y rester un maximum. Ce n'est pas un maximum en fait, mais y rester le temps nécessaire pour que le texte advienne, ou que quelque chose se passe. Ce n'est pas forcément dans ce moment de tension que va se loger un texte, mais avoir connu ce moment de tension que le corps puisse garder cela. De faire que cela a eu lieu. Et qu'ainsi cela pourra peut-être avoir lieu, ou pourrait, en tant que texte. Mais aussi en tant que prise de parole, parce que la tension s'exerce aussi dans le moment où l'on prend la parole. Et prendre la parole est toujours ce qui se fait quand il y a des personnes physiques en face de soi.

 

LE CHŒUR ET LES DÉTOURS

- Justement tu anticipes, après la question du lyrisme, celle plus encore de la performance, de la lecture, à laquelle on peut rajouter les lyrics. Tout cela serait de la manière abouchée à cette matière-là – littéraire – dont on cherche la définition. On ne peut pas lui mettre l'étiquette poésie mais en même temps elle s'en rapproche ; on ne pourrait pas épuiser cette chose-là en parlant simplement de poésie. Comme tu l'as dit c'est plutôt de la littérature, et ça en déborde le sens. Pour toi l'oralité, la voix, la performance, la lecture en sont des prolongements nécessaires, quelque chose de primordial sur laquelle il faut suspendre son oreille ?

- Oui, pour moi il y a une évidence de la chose. C'est pourquoi je disais, tout à l'heure, que c'est parfois dommage qu'il y ait l'objet livre, qui devient une forme de nécessité – même si c'est le cadre de mon travail, de publier des livres. Mais une parole, une pensée, peuvent exister sans cela, et notamment maintenant avec les nouveaux outils technologiques ou informatiques qui le permettent de grandes possibilités. De fait, s'il n'y a pas ce passage par l'oralité – la prise de parole que l'on disait tout à l'heure – on ne va pas au bout de la chose, à mes yeux.

- Donc la maison d'édition, ou plutôt la publication d'un texte participe de cet élan-là, ne doit pas l'épuiser...

- C'est ça...

- ... le soutient, et même le sous-tend...

- ... oui, le sous-tend et le soutient, en ce sens que l'on essaye d'organiser les rencontres avec le public, des lectures, dans des lieux divers et variés.

- Tu penses que cela pourrait être de ces détours dont parle Maulpoix ?

- Ça pourrait, mais je ne pense pas spécialement que ce soient des détours.

- Je trouve ça nécessaire. Ce n'est pas détourner le regard, pour moi...

- Oui voilà, ce n'est pas cela qui te détournerait de la chose, bien au contraire... C'est faire des tours, cela m'intéresserait comme ça. Mais sans faire du lacanisme. Faire des tours avec la chose. On pourrait par métaphore aller plus loin, quand tu parles de lyrics, et dire comment une forme de danse se met en place. Et il y a différentes façons de danser : on peut danser seul, ou avec un autre, et puis la danse se crée logiquement si l'on imagine un bal avec plusieurs personnes qui dansent, d'autres qui les regardent danser, et puis l'orchestre, ou un chanteur, et toute une situation.

- Cette situation correspond aussi à la poésie.

- Oui, c'est – imaginons – un bal.

- Oui le danseur a autant d'importance que l'orchestre, les spectateurs...

- Tout cela fonctionne ensemble. L'orchestre ne peut pas jouer s'il n'y a pas de danseurs, et les danseurs danser si l'orchestre ne joue pas, et tout cela finit par créer une énergie. On rentre dans une forme d'entropie, on va dans ce sens-là oui.

- Je t'ai demandé quelle place occupaient ces détours, le fait de faire des tours avec la chose ; c'est une dynamique qui pour moi est chorale.

- Oui. De toute façon une maison d'édition se crée avec un ensemble d'auteurs, et un ensemble de personnes autour qui accompagnent le projet – aussi bien des amis qui peuvent accueillir des gens, qu'un certain nombre d'intervenant. Intervenir, pareillement : ce serait être entre, venir entre, et aussi venir avec. Chacun vient avec ce qu'il a pour que l'on partage tout. De manière un peu facile je pourrais dire que nous allons refaire cela cette année dans les Lectures au jardin. Il y a trois auteurs qui viennent, il y a ceux qui amènent à manger et à boire, et chacun partage, et l'on se retrouve ensemble à faire le tour de plusieurs choses. Ce qui compte c'est que le texte soit là, lu, performé, peu importe comment les auteurs travaillent avec leurs corps, leurs bouches et leurs mots. Mais il y a également tous les échanges qui se passent avant, ou après que eux aient fait leur « travail », et que ces moments-là aient été vécus par leurs textes et se poursuivent encore avec leurs mots – mais leurs mots dans un échange simple.

- Dès lors que le chœur – mais ce pourrait être sans « h » puisqu'il y a pulsation ou pouls – cesse de chanter, ce n'est pas pour autant qu'il cesse réellement de chanter...

- Evidemment. C'est peut-être pour ça aussi qu'il y a la collection avec CDs que j'ai appelée Echos. Pour que les choses durent dans le temps, et puis rebondissent.

SUITE ÉLECTRIQUE

- Depuis les années 1940 (même si l'on pourrait remonter avant, au Grand Jeu, à Dada etc.), par l'entremise des voix cabossées et staccato des rues et du jazz, de la Beat Generation, puis via la révolution contre-culturelle des années 60 et son rayonnement, les poètes électriques en France, nous expérimentons le décloisonnement des disciplines ou des registres, notamment du point de vue sonore. La transmedialité du nouveau millénaire, ces moyens technologiques que l'on a évoqués tout à l'heure aussi ont profondément réaligné le dialogue et les correspondances, retransformant cette matière par sa façon de l'aborder sans cesse en évolution. A travers ses voix parlées, chantées, filtrées, ton catalogue peut-il être un oscilloscope de certaines de ces révolutions ?

- C'est compliqué. Je ne m'en fais pas le traqueur, ce n'est pas mon objectif. Il se trouve que je travaille avec des gens qui, comme Serge Pey ou Julien Blaine, viennent vraiment de ce que l'on a pu appeler la poésie sonore, ou poésie action. Mais ils ne sont pas quinze mille. Je crois qu'il y a peut-être eu comme un problème avec ces nouvelles possibilités techniques de la prise de son, de bidouillage par exemple, et donc d'expérimentation avec les machines. Oh il y a de très belles choses qui se sont faites, mais je pense que beaucoup de personnes s'y sont mises en pensant faire acte poétique pour finalement se retrouver des techniciens. Il n'y a pas d'invention propre. Je me rends compte que je reste plutôt classique, de mon côté, mes références allant davantage vers Dada.

- Il y a des choses intéressantes du côté de Brion Gysin, du côté de Giorno et Dial a poem...

- Oui, bien sûr, des gens comme ça me conviennent tout à fait. J'adore les travaux qui sont fait avec du son, avec un instrument qui peut être aussi expérimental... Mais l'informatique me pose un problème ; je ne sais pas ce que c'est que cette chose-là, véritablement. J'ai un problème avec ça.

- Trop artificiel ?

- Je crois que l'essentiel dans tout ça est qu'évidemment nous avons connaissance de ce qui s'est fait avant – connaissance partielle, parcellaire, certainement – et sûrement ce que nous connaissons de ce passé artistique, poétique, a des influences sur le travail qui se fait maintenant, c'est logique...

- L'écho de ces choses-là se retrouve dans ta maison d'édition ; enregistrer le pouls de ce qui t'entoure c'est aussi ramasser l'écho même lointain de ces expérimentations, non ?

- Mais je ne trouve pas qu'il y ait tant d'expérimentation que ça dans le catalogue, hormis deux ou trois petites choses, naturellement. [Silence] Je reste sur un rapport assez classique – ce n'est peut-être pas le mot – dans un rapport simple avec ça : des gens qui jouent de la guitare, par exemple, qu'en faisons-nous...

- On parlait des frères Soletti, à ce propos...

- Oui, la première fois que j'entends Patrice je me dis qu'il se passe quelque chose, que l'on doit discuter ensemble, mais nous avons peut-être mis quatre ans pour aboutir à un projet. Nous nous sommes revus, recroisés, avons mené divers projets ensemble, soit dont il était à l'initiative, soit à mon invitation. Ce sont des personnes qui sont dans ma vie, qui ont quelque chose dans leurs mains, et en l'occurrence, là, c'était une guitare. Et une pratique très rigoureuse de l'instrument qui justement, comme le poète travaille sur les mots, la syntaxe, et comment le langage arrive à faire sens en transformant cette matière, devient la même chose pour lui avec un instrument et des sons. Tu peux faire une belle mélodie sur une guitare, qui a du sens aussi, mais quand tu arrives à en sortir autre chose...

- S'échapper là aussi de la discipline et de l'étiquette...

- L'idée c'est : comment toujours être avec la chose et en même temps en permanence dans ses à-côtés, voire dans ses lointains.

- Si tu enregistres cette poésie, si ce dont on parle se rapprochait le plus de ta définition de la poésie, alors enregistrer la guitare de Soletti et prendre les textes de son frère, c'est la même chose, la même matière poétique ?

- Oui on peut dire ça. Pour moi ce n'est pas gênant.

- Mais c'est un décloisonnement qui est déjà possible dans ton esprit ?

- Oui, maintenant c'est possible, mais pour moi il y a une forme d'évidence dans la chose. Je ne me pose pas trop de questions. Peut-être aussi parce que j'ai ma culture autour des musiques improvisées ou expérimentales, la culture rock que je peux avoir.

 

 A suivre...

Propos recueillis et mis en forme par Benjamin Vareille,
Au café le Limousin, à Limoges.

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Posté par: Benjamin Vareille
Catégorie : Interview Focus Limousin Dernier Télégramme





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