Hommage à Ginsberg

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HOMMAGE A GINSBERG

Librement inspiré du poème "Howl" d'Allen Ginsberg
Création 2014.


Mise en scène 

Création Sonore  
Parce que la langue et le flow de Ginsberg entretiennent des liens plus qu'étroits avec la musique, il s'est imposé naturellement de travailler au micro et en musique.
Le texte s'accompagne d'une bande son, réalisée à partir : d'extraits de la voix d'Artaud, de celle de Ginsberg, de musique et de bruits urbains arrangés.

Costume
Le costume s'appuie sur la base des costumes chaman. Composé de plusieurs centaines de lambeaux de cuir d'agneau, fixés sur un perfecto délabré, il évoque aussi bien dans l'imaginaire du spectateur les guenilles d'un clochard, que la magnificence d'un habit de cérémonie mystique.

La voix
l'intention de jeu s'appuie sur le rythme et le timbre de voix d'Antonin Artaud, à la fin de sa vie. C'est une voix lente et nasillarde, proche d'une voix de sorcière. 
Le rythme s'appuie quant à lui sur l'enregistrement original en anglais de Ginsberg, pensé comme un grand crescendo et une lente montée dans les aigus.

Le texte
Inspiré par Howl d'allen Ginsberg, le texte reprend les partis pris rythmiques du poème et en explore les thèmes principaux.

 

Beat Generation

Howl est un texte d' Allen Ginsberg. 
Auteur américain membre avec Kerouac de la Beat Generation. 
« Beat » signifie « être à, tempo à garder, battement du cœur ». 
Le mouvement de la « beat generation » se rassemble pour garder le rythme à différents points de vue : la défense de l'homosexualité, l'opposition à la guerre du Vietnam, la défense des droits des afro-américains.

Le poème original

Howl, est un poème fulgurant. Une marche nocturne dans les bas-fonds de New York. 
La violence des rues. La gifle de la lumière des phares. La beauté féroce des ordures dans le vent. 
Howl, est un trip. 
Ecrit avec fièvre, presque en une seule nuit, Howl est un hommage puissant aux marginaux, aux fous, aux esprits trop brillants qui se sont perdus dans la nuit. Howl nous parle de ceux qui se tiennent à la marge, au bord du vide. Ceux qui dégueulent le monde et crament la mêche par les deux bouts. 

Howl, malgré sa violence, est un hommage vibrant et amoureux aux amis de Ginsberg. Ces esprits trop sensibles et trop intelligents qui étaient condamnés à rester hors du monde.

A sa sortie en 1956 le texte fut censuré pour obscénité. Bafouant la loi, son éditeur le diffusa tout de même et fut inculpé. Un long procès s'en suivit, qui fut l'occasion de réinterroger la notion d'oeuvre d'art, la liberté d'expression, l’homosexualité. Il fut reproché au texte de contenir des références à la sexualité, d'aborder la désillusion de la société américaine, et d'évoquer l'homosexualité, considérée à cette époque comme criminelle dans tous les Etats américains. Plus surprenant encore, la notion et la qualité même d'oeuvre d'art furent mise en cause au cours de ce procès, et plus que son fond peut-être, sa forme fut violemment attaquée : "Langage trop cru, construction littéraire décousue..." Pourtant, à l'issue du procès, le juge autorisa la diffusion de Howl, et l'ouvrage scandaleux finit par devenir symbole d'évolution d'une société.

  J'ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus, se traînant à l'aube dans les rues nègres à la recherche d'une furieuse piqûre, initiés à tête d'ange brûlant pour la liaison céleste ancienne avec la dynamo étoilée dans la mécanique nocturne, initiés à tête d'ange brûlant pour la liaison céleste ancienne avec la dynamo étoilée dans la mécanique nocturne,
  qui pauvreté et haillons, et œil creux et défoncés restèrent debout en fumant dans l'obscurité surnaturelle des chambres bon marché flottant par-dessus le sommet des villes en contemplant du jazz,
  qui ont passé à travers des universités avec des yeux radieux froids hallucinant l'Arkansas et des tragédies à la Blake parmi les érudits de la guerre,
  qui ont été expulsés des académies pour folie et pour publication d'odes obscènes sur les fenêtres du crâne,
  qui se sont blottis en sous-vêtements dans des chambres pas rasés brûlant leur argent dans des corbeilles à papier et écoutant la Terreur à travers le mur, 
  qui furent arrêtés dans leurs barbes pubiennes en revenant de Laredo avec une ceinture de marijuana pour New York,
  qui s'enchaînèrent sur les rames de métro pour le voyage sans fin de Battery au Bronx pleins de benzédrine, jusqu'à ce que le bruit des roues et des enfants les firent redescendre tremblants, débris de bouche et mornes cerveaux cognés toute brillance écoulée dans un éclairage lugubre de zoo,
  qui parlèrent sans discontinuer pendant soixante-dix heures du parc à la piaule au bar à l'asile au musée au pont de Brooklyn, un bataillon perdu de platoniques maniaques du dialogues sautant les pentes en bas des escaliers de secours en bas des rebords de fenêtre en bas de l'Empire State hors de la Lune, blablateurs hurlant vomissant des murmures des faits des souvenirs des anecdotes des orgasmes visuels et des traumatismes des hôpitaux et des prisons et des guerres

 

A écouter au sujet de Howl, sur France Culture.